L’église

deviserepublicaine

Eglise de Saint-Aubin

Située au centre du village, à côté de la mairie, l’église de Saint – Aubin frappe par ses dimensions imposantes (40 mètres de long, 18,3 m de large, hauteur du clocher : 31 mètres), et surtout par l’inscription républicaine au fronton de son porche soutenu par quatre colonnes. On peut y lire : « Liberté Egalité Fraternité » et en dessous « Vive la république ».
Cette devise, héritage de la Révolution de 1789, tombée en désuétude sous l’Empire, réapparaît lors de la révolution de 1848. C’est à cette époque qu’elle fut inscrite sur le fronton de l’église, la mairie n’étant pas encore construite. En 1871 la municipalité fit repeindre l’inscription et ajouter sur le listel : « Vive la République ».
L’église a été construite entre 1831 et 1833, en remplacement d’une ancienne église qui menaçait ruine. L’architecte est Claude-François Besand de Dole, qui avait travaillé dix ans plus tôt pour l’église de Morez, qui lui servira de modèle. Il utilise le style néoclassique en faveur au début du 19ème siècle, qui rappelle les basiliques romaines.
Contrairement à la quasi-totalité des églises qui sont orientées (l’abside à l’Est, le porche à l’ouest), celle de Saint-Aubin est installée perpendiculairement à la route. Sa monumentalité, son appareillage de pierre grise apparent, ses lignes sévères, son clocher à l’impériale imposent sa silhouette dans la plaine.
A l’intérieur, la nef est séparée des bas-côtés par deux colonnades surmontées d’une arcature, Le chevet semi-circulaire abrite le maitre-autel en pierre avec son tabernacle tournant et ses deux anges adorateurs en bois peint. Derrière l’autel, l’orgue date de 1905. Les bancs, d’une fabrication soignée, sont de la même époque.
Les deux autels latéraux, la chaire à prêcher sont dus à François Besand, le père de l’architecte. Les deux statues de Saint Aubin et de Saint Claude à l’entrée du chœur datent du 16ème siècle, celle de Saint Antoine ermite, dans le bas-côté gauche, provient probablement de l’ancienne chapelle ND de Chaux .Le Saint Isidore en bois doré rend hommage au patron des paysans. Le tableau du chevet, copié de Carrache, représente la Résurrection, les tableaux des autels latéraux représentent Saint Aubin et la mort de Saint Joseph. Une adoration des Mages, sur le mur du fond, évoque l’école flamande.
Le décor intérieur actuel date de 1989, remplaçant en grande partie les peintures murales financées en 1888 par le chanoine Laurent Monnier, qui deviendra évêque de Troyes. Il en reste le Credo qui forme une frise sur tout le pourtour de l’édifice, ainsi que les décors autour des fenêtres.
L’église de Saint Aubin est un bel exemple d’architecture du 19ème siècle, et forme avec la mairie un cœur de village cohérent et digne d’une visite.

 Source : M.O BOUGAUD